La légende de Paris-Brest-Paris

1891  1901  1911  1921  1931  1948  1951


6 septembre 1931

Les derniers « forçats de la route »

Le cinquième Paris-Brest-Paris, organisé par le "Petit Journal", a bien du mal à recruter des participants. « Nous avons autre chose à faire que de participer à une épreuve de cyclotourisme accélérée », protestent les professionnels. Néanmoins, vingt-huit coureurs s'alignent au départ, dont le Luxembourgeois Nicolas Frantz, qui retient l'attention en utilisant un vélo muni d'un dérailleur à deux vitesses. Les premières heures de course sont pénibles. Des orages éclatent du- rant la nuit entraînant l'abandon de six coureurs parmi lesquels Demuysère et Magne. Après le virage de Brest, où Frantz passe en tête, de nouveaux abandons sont signalés, dont ceux de Marcel Huot, de Jef Mauclair et de Benoît Faure. Le Belge Émile Joly, lui, repart en sens inverse après s'être arrêté pour se désaltérer. Malgré les injonctions de son directeur sportif, il continue, hagard, ne voulant rien entendre. La fatigue l'a rendu fou. Il faut inventer un stratagème pour l'aiguiller vers une voie de garage où son mécanicien l'attrape avec une toile de tente pour le ramener

dans sa voiture, où il dormira pendant de très longues heures. À Houdan, après cinquante heures de route, Marcel Bidot attaque, prend deux minutes d'avance avant de crever.Il est alors rejoint par quatre hommes, l'Australien Hubert Opperman, l'Italien Giuseppe Pancera, les Belges


Opperman se protège du froid

Léon Louyet et Émile Decroix. L'affaire se joue donc au sprint sur le vélodrome de Buffalo. Louyet semble le plus rapide mais Opperman le passe à la sortie du dernier virage. Malgré cette grande victoire, une mauvaise nouvelle attend l'Australien: après l'arrivée .. son constructeur, Alléluia, a fait faillite et sa prime ne lui sera pas versée.

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4 septembre 1948

Paris-Brest- Paris au sprint

Les organisateurs de Paris-Brest-Paris, couru tous les dix ans depuis 1891 mais, qui s'est interrompu pendant la guerre, ont de plus en plus de difficultés à convaincre les coureurs de l'utilité de l'épreuve. Le héros de la première moitié de course est Benoît Faure, « la Souris » des années trente, qui, à 49 ans, réussit à résister durant cinq cent quarante kilomètres au peloton.Au retour de Brest, quatre hommes, Hendrickx, Tacca, Neuville et Fazio, sont encore en mesure de l'emporter. Pierre Tacca démarre à Pontchartrain mais une crevaison le retarde à Versailles. Réparant son vélo, il voit alors passer les Belges François Neuville et Albert Hendrickx. La pluie ayant rendu impraticable la piste du Parc des Princes, on trace, à la hâte, une ligne d'arrivée sur un boulevard de Boulogne.

Hendrickx bat Neuville d'une demi- roue. ..après mille deux cents kilomètres.

Hendrickx 1er devant Neuville

 

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8 septembre 1951

Une demi-roue

Vingt ans après la victoire de Opperman (1931), Maurice Diot, vainqueur du septième Paris- Brest-Paris, parcourt les mille deux cents kilomètres du parcours en 38 h 55 min 45 s, soit dix heures de moins que le premier vainqueur. L'intrépide Robert Chapatte a jeté le trouble dans le peloton en prenant un quart d'heure d'avance au virage de Brest, au seuil de la deuxième nuit.Le Parisien, qu'une grosseur

à l'aine handicape, poursuit son échappée solitaire lorsque, tout à coup, vers Morlaix, il s'arrête et abandonne après un malentendu avec ses soigneurs. C'est à Vitré que les deux favoris, Diot et Muller, préparent l'offensive. À vingt-deux kilomètres de l'arrivée, Muller crève mais Diot l'attend car il a décidé que la victoire se jouerait au Parc des Princes. Sur la ligne, il l'emporte d'une demi-roue.
 

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